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La prière du cœur

« Priez sans cesse » (1 Th 5, 17), sans se lasser (Lc 18, 1-8).


Pour prier chaque jour, nous avons l’Eucharistie qui est le sommet de la prière adressée au Seigneur, le jeûne, l’adoration, l’oraison, la louange, les actions de grâces, le Rosaire, la liturgie des heures, l’Angélus, la méditation de la parole de Dieu et du chemin de Croix, nos dévotions personnelles dans la communion des saints, les psaumes, etc….

Saint Jean Bosco a dit : « La prière est pour l’âme comme la chaleur pour le corps » et Saint Augustin appelle la prière du juste la clé du ciel. Jésus nous demande de prier pour ne pas entrer en tentation (Mt 26, 41). Saint Paul écrivait : « Restez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toutes conditions soyez dans l’action de grâces.  C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » (1 Th 5, 16–18). Saint Luc recommandait de : « Veillez et priez sans cesse afin d’être assez forts pour échapper à tout ce qui doit arriver et de pouvoir vous tenir debout devant le Fils de l’Homme » (Lc 22, 26).

Nous pouvons prier à tout moment et dans n’importe quelle situation ou circonstance. « L’homme prie et Dieu lui est propice » (Jb 3, 26). Si le Rosaire est la prière qui plaît le plus à la Sainte Vierge qui nous invite à l’utiliser comme une arme très puissante, il y a une autre forme de prière qu’elle recommande avec persistance, c’est la prière du cœur.


Elle ne nous demande pas de nous affranchir des prières traditionnelles et de nos dévotions habituelles, ni un flot de paroles. Elle veut que nous parlions souvent à notre Seigneur en utilisant des mots simples. Le Seigneur lui-même ne nous recommande-t-il pas dans Mt 6 versets 7 et 8 : « Dans vos prières ne rabâchez pas car votre Père sait bien ce qu’il vous faut, avant que vous le lui demandiez » Par la pratique de la prière du cœur, la Sainte Vierge veut que nous soyons en union constante avec Dieu. Pendant la messe, au début de la prière eucharistique, dans la Préface, le célébrant nous invite à élever notre cœur vers Dieu et l’assemblée répond : nous le tournons vers le Seigneur. La prière du cœur, c’est laisser jaillir de notre cœur, un court instant, quelques paroles exprimant notre amour pour Dieu et notre confiance en Lui.

La prière du cœur nous conduit à une union intime avec le Seigneur, à la paix du cœur et nous fait grandir spirituellement. Nous prions le matin, le soir, en prenant notre nourriture, pendant notre travail, nos déplacements, nos temps de repos, nous prions les uns pour les autres, pour l’espérance, pour la paix et l’amour dans le monde, pour l’unité de l’Eglise, pour notre conversion et celle de nos frères, pour que la Sagesse nous soit accordée, pour les âmes du purgatoire, pour ceux qui souffrent physiquement, moralement, spirituellement, pour les dirigeants politiques, le magistère de l’Eglise etc….

Saint Paul disait aux Thessaloniciens : « Nous prions continuellement pour vous » (2 Th 1, 11). Dans le Psaume 41 (40) verset 2, nous lisons : « Heureux qui pense au pauvre et au faible : au jour de malheur, Yahvé le délivre ». Saint Paul dans Ephésiens 6, verset 18 : « Vivez dans la prière et l’action de grâce, priez en tout temps ».  Nous louons, nous offrons, nous bénissons, nous nous abandonnons, nous rendons grâce à Dieu, nous faisons la communion spirituelle, nous invoquons l’Esprit Saint, la Sainte Trinité, Le Sacré Cœur de Jésus, le Saint Nom de Jésus, les Deux Cœurs Unis de Jésus et de Marie, toute la Cour céleste etc…

En offrant notre Journée à Dieu, nous mettons nos pas dans ses pas, et tous nos actes se font prières par Lui, avec Lui et en Lui. Nous demandons au Seigneur de nous précéder, de nous protéger, de bénir tout ce que nous allons faire, tous ceux que nous allons rencontrer. Par le chant ou la prière nous faisons monter vers Dieu ce que notre cœur nous inspire (Lc 6, 45 ; Mt 12, 34).

Madeleine Delbrêl (1904-1964) déclarée vénérable par le pape François le 26 janvier 2018, disait : « N’allez pas au travail comme à une corvée, alors que vous pouvez en faire et devez en faire une prière ». Nous offrons au Seigneur chaque situation positive ou négative, chaque évènement heureux ou malheureux. Il nous dit : « A trois heures implore ma miséricorde, tout particulièrement pour les pécheurs, et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans ma passion, en particulier dans mon abandon au moment de mon agonie. C’est là une heure de grande miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai pénétrer ma mortelle tristesse ; en cette heure, je ne saurais rien refuser à l’âme qui me prie, par ma passion » (Petit journal de sœur Faustine n° 1320) puis le chapelet de la Miséricorde.


Pendant nos temps de repos, nous pouvons faire une contemplation silencieuse dans l’abandon comme dans le psaume 131 (130) verset 2 : « Je tiens mon âme en paix et silence, je la tiens en moi comme un enfant contre sa mère ». La création aussi nous invite à la contemplation. Nous pensons à Saint François d’Assise avec son cantique de la création, les psaumes 104 ; 108 ; 138 ; 139 ; 145 et autres peuvent nous aider à glorifier Dieu. « Du lever du soleil jusqu’à son coucher, loué soit le Nom du Seigneur ! (Ps 113, 112, verset 13). Saint Paul disait : « Soyez assidus à la prière, qu’elle vous tienne vigilants, dans l’action de grâces » (Col 4, 2) et Saint Augustin disait : « Le don de la persévérance n’est accordé qu’à ceux qui prient » Quant au pape Pie XII, il disait : « La respiration de l’âme, c’est la prière » Le soir nous pouvons offrir au Seigneur tous les actes et les gestes accomplis pour lui plaire, lui demander pardon pour le mal que nous avons fait et pour le bien que nous n’avons pas fait.

Dans l’Ancien Testament, nous trouvons les vibrantes intercessions et supplications pleines de confiance et d’espérance, mais aussi de belles actions des grâces de personnages tels que Araon, Moïse, Anne (mère de Samuel), de Samuel lui-même, de Mardochée, Judith, Esther, Job, David, Salomon etc… Dans le Nouveau Testament, nous trouvons d’humbles et simples demandes toutes aussi confiantes telles que celles des Apôtres, de la Samaritaine demandant l’eau vive à Jésus, de Marie-Madeleine et Marthe pour la guérison de leur frère Lazare, de la Cananéenne, celles du lépreux, du paralytique, de l’aveugle-né, du publicain, de centurion romain, du larron repentant et beaucoup d’autres. Le Seigneur s’est laissé toucher par chacune d’elles. « Dieu est Amour » (1 Jn 4, 16).

Rappelons-nous que la prière est colloque avec Dieu, c’est lui parler et l’écouter ; que la méditation est une rencontre avec Dieu ; que le jeûne est inséparable de la prière, l’un renforçant l’autre ; que quand nous lisons les Saintes Ecritures, c’est Dieu lui-même qui nous dévoile son amour et fait grandir en nous la foi, nous invite à le suivre, d’être en communion avec lui et nous appliquer à mettre en pratique sa parole chaque jour; que l’Eucharistie précédée d’un temps de préparation et suivie d’actions de grâces, contient et exprime toutes les formes de prière ; que la contemplation et l’adoration, c’est l’abandon, sans paroles, immobile et paisible en un cœur à cœur avec son Seigneur ; que l’intercession, c’est confier à l’amour miséricordieux du Seigneur, problèmes, souffrances, questions, doutes, besoins, dans un abandon total à sa volonté ; que la louange rend gloire à Dieu pour ce qu’il est, pour ce qu’il fait, elle rend témoignage au seul Dieu de qui tout vient et pour qui nous sommes faits (1 Co 8, 6) et qu’en tout, « l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons que demander pour prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables et Celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l’Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu » (Rm 8, 26-27) et chaque fois que nous faisons un acte de charité, de solidarité, d’entr’aide, un sourire, une amabilité, un service ou quelque chose qui nous coûte, nous pouvons faire cette belle prière enseignée par la Vierge Marie aux enfants de Fatima : « C’est pour ton amour ô mon Jésus, pour la conversion des pécheurs et en réparation des outrages faits au Cœur Immaculé de Marie ».



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